10 leçons à tirer du spectacle Asi wind’s Inner Circle

Je viens de rentrer d’un voyage de 8 jours à New York avec ma femme. C’était une super destination qui m’a en plus donné l’opportunité d’assister au spectacle d’Asi Wind Inner Circle. Le show était exceptionnel et ma femme partage le même opinion (c’est pour vous dire !). C’était du haut niveau. Dans cet article, je vous partage différents points qui m’ont marqué dans la construction du spectacle. J’espère que ça vous sera également utile.

1. Un spectacle 100% cartes

Pendant 1h15 de show, Asi Wind nous régale avec des effets principalement réalisés avec un jeu de cartes. Je prône généralement la polyvalence dans la magie pour offrir de la variété aux spectateurs, mais là, je dois dire que son spectacle était prenant du début à la fin. Je n’ai pas regardé une seule fois ma montre. Et au moment de nous offrir son dernier tour, toute la salle était tristounette. Comme quoi, il n’y a pas de règle. Vous pouvez très bien faire un show qu’avec des cartes. Maintenant, plusieurs remarques :

  • Si la majorité des tours utilisaient des cartes, les effets étaient quant à eux différents. Les tours allaient de la carte au nombre de la carte sous la montre à des tours encore plus orientés mentalisme. Il a donc vraiment mélangé magie classique, mentalisme, pickpocket…
  • Les cartes étaient spéciales car le nom des spectateurs était inscrit dessus. C’est d’ailleurs le concept de son show. Avant de commencer, tout le monde écrit son prénom sur une carte. C’est donc plus personnel qu’une simple carte à jouer.
  • Enfin, Asi Wind a incorporé du storytelling et de l’humour entre les tours ce qui apporte une dynamique.

2. Très peu de musique

Asi Wind a incorporé peu de musique dans son spectacle. Il y en a eu deux fois. Au début, pour nous faire patienter avant le show. Puis dans son tour final, il a utilisé la musique pendant que le public mélangeait les cartes. J’en retiens la chose suivante : pas besoin de se prendre la tête avec un système de son compliqué et onéreux. Pour faire simple, choisissez un tour de magie en particulier où vous voulez rajouter de la musique. Ca suffit.

3. Phrase d’introduction

Faire son entrée sur scène est toujours stressant et source de questions : comment est-ce que j’arrive sur scène ? Qu’est-ce que je dois dire ? Asi Wind a fait une entrée très professionnelle selon moi : il arrive sur scène et d’entrée de jeu, il parle de l’importance des prénoms dans notre vie. Pas de bla bla, pas de « bonsoir, comment allez vous ? ». Il rentre directement dans le bain. Sa phrase d’introduction est courte, puis rapidement il enchaîne sur son premier tour.

4. Tour d’entrée

Son tour opener est le suivant : il explique qu’il va faire choisir un prénom et que la personne choisie devra se lever. Il se tourne vers son spectateur de droite et lui fait choisir une carte. Il se trouve que le spectateur a choisi son propre nom. Direct, impossible, drôle et tout de suite, on comprend qu’on a affaire à un bon. C’est l’opener idéal. Voici une vidéo de démo ci-dessous :

5. Il a un fil conducteur tout le long

Tout au long du spectacle, Asi Wind parle de l’importance des noms. Il raconte sa propre expérience et il partage son opinion sur l’importance des prénoms. Ce fil conducteur permet de structurer son spectacle, d’en donner un sens. Plus important encore, cela lui donne un formidable storytelling pour promouvoir son spectacle. Immédiatement, il se différencie des autres spectacles de magie car il apporte quelque chose de nouveau et facilement relatable.

6. Beaucoup d’humour tout le long

Asi Wind utilise l’humour pendant tout son spectacle. Il a trouvé un vrai personnage authentique et l’humour lui permet :

  • de connecter avec le public.
  • de créer des temps faibles. Même en tant que magicien, j’ai vu très peu de techniques car elles sont parfaitement camouflées dans les temps faibles.

On sent que c’était les dernières représentations, car toutes ses vannes étaient huilées.

7. Une réaction au public en live

Plusieurs fois dans le spectacle, Asi Wind réagit avec le public en mode « impro ». C’est du moins l’impression qu’il donne et pour le public, c’est super car on a le sentiment de vivre un moment unique et authentique. De plus, ces moments sont généralement très drôle. Même s’il y a zéro magie, ça permet de créer une rupture et de l’inattendu.

8. Le closer

Asi Wind n’a pas un closer, mais deux. Son premier est une routine de séparation des cartes et des cartes noires (on sent l’ influence de l’école espagnole et notamment celle de Juan Tamariz) et alors qu’on pense que c’est fini, il nous offre le cadeau d’un deuxième closer : une version de Shuffle board où toutes les cartes faces en bas révèlent le prénom du spectateur qui prenait toutes les décisions de mélange. Résultat : standing ovation ! Plusieurs points par rapport à ça :

  • J’avais vu cette stratégie de faire un deuxième closer dans le livre Stage by Stage de John Graham. Je sais que les deux se connaissent, donc il y a de fortes chances que l’idée vienne de là. Cette succession d’effets de plus en plus impossible (alors que le public pense à chaque fois que ce n’est pas possible de faire mieux) permet de faire monter la pression.
  • Pour encourager la standing ovation, il finit son tour, tape sur la table et se lève !! Par mimétisme, tout le public se lève dans la salle. Si vous voulez un exemple, regardez comment Markobi finit ses tours de magie.
  • Même si les derniers tours sont excellents, la standing ovation est provoquée par l’ensemble du show qui est excellent.

9. L’influence de l’école espagnole est présente

En attendant le début du spectacle, on reçoit un booklet dans lequel Asi Wind présente le concept de son show. Il parle de l’influence de Juan Tamariz dans sa magie. Et effectivement, quand on observe sa performance, plusieurs détails nous font penser au maestro espagnol :

  • L’utilisation des techniques subtiles (théorisées par Ascanio) comme la parenthèse de l’oubli ou les temps faibles qui sont parfaitement maîtrisées dans le show.
  • Il donne l’impression de ne jamais toucher le jeu (c’est ma femme qui l’a dit).
  • À un moment, il utilise le gag de Tamariz où il cri soudainement quand la spectatrice touche la carte. Ça fait rire tout le monde (et lui en profite pour faire sa manipulation dans le temps faible qui suit)
  • De nombreux autres détails similaires… Cela donne envie de se replonger dans tous ces livres de l’école espagnole qui sont quand même des experts en psychologie.

10. L’influence de Chan Canasta est là aussi

Chan Canasta est connu pour une particularité rare parmi les magiciens : il aime prendre des risques dans ses tours. En ajoutant du risque, vous augmentez considérablement l’impact de vos tours lorsqu’ils fonctionnent. Le revers de la médaille est d’accepter l’idée de se rater. Ce concept du risque, qu’il faudrait développer, on peut voir qu’Asi Wind l’utilise à différents moments dans son spectacle. C’est inspirant.

 

Conclusion

J’étais fan d’Asi Wind et je le suis encore plus maintenant. Je ne peux que recommander d’étudier le travail de ce magicien qui excelle par sa créativité, sa technicité et son showmanship. Un grand bravo à lui.

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A propos de Bertrand Gaté

Bertrand est magicien professionnel et le but de son blog est de partager sa passion avec les amateurs de magie et ceux qui veulent débuter dans cet univers.

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